Heurts et bonheurs de l’entreprise heureuse

Une prospective-fiction pour réfléchir au bonheur dans l’entreprise. On imagine, on discute… On agit.
Pour vous, cette anticipation est probable ou non probable ? Souhaitable ou non souhaitable ? A vos réponses.

Heurts et bonheurs de l’entreprise heureuse

Nous sommes en 2037. L’entreprise heureuse a pour finalité de fournir du bonheur et une vie joyeuse et saine à ses collaborateurs. Arthur Getz, le patron de Félicity, raconte les aléas inhérents à ce changement de cap dans son entreprise.

Dans son livre « L’entreprise heureuse », Arthur Getz annonce d’entrée de jeu qu’il a surfé sur la vague du bonheur en entreprise qui déferlait depuis une quinzaine d’années.

En 2016, on voit l’arrivée des responsables du bonheur en entreprise ou plutôt Chief Happiness Officier. La dénomination anglophone donne un peu de sérieux à ces animateurs de gouters. Ces chantres du bien-être vendent des décors colorés, des espaces de sieste et des tables de ping-pong. Les plus aventureux militent pour que les collaborateurs retrouvent leurs émotions d’enfants avec des salles de réunion en Lego, des petites voitures à pédales et des toboggans.

En 2022, cette cosmétique de l’enchantement provoque des débats philosophiques de cantine. Face à l’engouement, les détracteurs affirment que le bonheur résiste dans la capacité de chacun à déguster l’instant. L’extase se produit lorsque la pensée, les paroles et les actes d’un individu sont en harmonie. L’entreprise n’a donc rien à voir avec cette aventure individuelle. Selon Arthur Getz, les pourfendeurs du bonheur en entreprise résument leur opposition en considérant que «  Le bonheur est une question trop importante et trop personnelle pour que l’individu en confie la responsabilité à d’autres, et notamment à son entreprise ».

Pendant ce temps, les patrons se frottent les mains. «  Disserter sur le sujet confère au bonheur en entreprise une valeur assez forte pour pouvoir en son nom en demander encore plus aux collaborateurs », explique Arthur Getz en précisant qu’au nom du bonheur, ils piétinent allégrement la vie privée de leurs collaborateurs. Pour eux, cet humanisme bon teint est une source de performance économique. Après avoir tiré sans réserve sur les prix, les coûts, les hommes, ils voient là un nouveau gisement de productivité. Autre avantage, les dépenses en « déco » bien-être sont vite amorties par une diminution sensible de l’absentéisme.

C’est dans ce climat qu’Arthur Getz, le patron de Felicity, jette un pavé dans la marre avec l’entreprise heureuse. En janvier 2031, le fils d’un penseur de l’entreprise libérée invite Aristote à un mémorable HolloNote[1]. Le philosophe de l’antiquité répète que : « Le bonheur est le bien suprême qui rend négligeable toutes autres formes de possession. » Le patron décrète ensuite que la finalité de son entreprise n’est plus économique, mais est désormais de donner une vie heureuse et saine à ses collaborateurs. Gagner de l’argent devient juste un moyen comme un autre de contribuer au bonheur des collaborateurs.

Lors de l’événement, Arthur Getz accueille ensuite Robert Kennedy. Le sénateur américain affirme que : « Le produit national brut mesure tout sauf ce qui donne valeur à la vie. » Pour éviter cet écueil, le Patron de Félicity lance le BIB (Bonheur intégral brut). Cet indicateur mesure le bonheur collectif. À cause de phénomènes naturels de contagion de bonheurs, le BIB est supérieur à la somme des bonheurs individuels. Il est aussi pondéré par une variable de possession qu’Arthur Getz explique par le fait que : « Le bonheur est la seule chose qu’on peut donner sans l’avoir et acquérir en le donnant. »

Pour mesurer le bonheur individuel, il envisage plusieurs dispositifs. Le premier est le déclaratif. Chaque collaborateur doit indiquer chaque jour son niveau de bonheur sur une échelle de 1 à 10. Si le premier mois, tous prennent un temps pour s’interroger, ils finissent par opérer machinalement et répéter le même chiffre.

Felicity investit alors dans un système d’intelligence artificielle apprenant de reconnaissances de sourires. Au bout d’un mois, c’est le branle-bas dans l’entreprise. Nombreux collaborateurs ne supportent plus de croiser des momies aux zygomatiques tenus par des élastiques. Ils ont même des envies de refaire le portrait des forçats du sourire.

Arthur Getz tente alors de mesurer le bonheur par la détection des propos positifs dans les échanges verbaux et écrits entre les collaborateurs. Cela tourne rapidement au « bisounoursage » généralisé avec échanges de propos loukoum, sucrés et dégoulinants de mièvreries. Quand des attaques anonymes commencent à polluer l’entreprise, Arthur Getz effectue un nouveau HolloNote où il affirme : « Le bonheur n’est pas une affaire quantitative. Il résulte de la capacité de chacun à se soucier des autres, oser pour les autres, partager avec les autres. » La pirouette est bien accueillie. Les collaborateurs sont trop heureux de pouvoir garder des sourires pour se moquer des jours sans joie.

[1] HolloNote : Keynote avec projections holographiques permettant aux intervenants d’être présent à plusieurs endroits et d’échanger avec des personnes disparues.

Parallèlement au BIB, Arthur Getz change les procédures de recrutement. La priorité est d’engager des gens doués pour le bonheur. Cette disposition n’étant pas validée par des diplômes, ils font appel à la science. Comme elle ne certifie pas la capacité au bonheur de ceux qui possèdent les dents du bonheur[1], ils se tournent vers la génétique. Elle affirme que la capacité au bonheur est liée à 50 % au patrimoine génétique sans pour autant identifier les gènes du bonheur.

Des collaborateurs montent alors au créneau pour dire que ne recruter que des gens heureux est une forme de discrimination. Si la capacité au bonheur devient un critère de recrutement, on va vers une société à deux vitesses. On aura des heureux de plus en plus heureux et des malheureux de plus en plus malheureux, car ils n’auront pas de travail. On ne peut donc pas exclure ceux qui ne sont pas doués pour le bonheur et qui même, mettent une jouissance à faire leur propre malheur. Il en est de même de ceux qui n’ont pas été bien servis par la vie et ne font pas preuve de résilience. Ils affirment en plus que c’est pratiquer la double peine parce que les individus malheureux sont souvent tristes de ne pas être heureux.

Un peu échaudé par ces oppositions, Arthur Getz demande à ses collaborateurs quelles sont les composantes du bonheur incontournables pour l’entreprise heureuse. Outre la santé, la sécurité financière, ils insistent sur la liberté et le pouvoir décision. Le patron décide donc de permettre aux salariés de l’entreprise de travailler quand ils veulent, comme ils veulent, avec qui ils le désirent. La seule contrainte est qu’ils soient vraiment heureux dans ce qu’ils font.

Le ratio habituel de ceux qui ne jouent pas le jeu est respecté. Entre 2 et 5 % des collaborateurs deviennent des lézards qui, dans le meilleur des cas, viennent profiter des terrasses de l’entreprise pour se dorer la pilule. Les autres ont profité pleinement du désalignement de leur travail pour collaborer, voyager, découvrir, innover. Très rapidement, l’entreprise fait des résultats assez satisfaisants pour rémunérer tous les collaborateurs et assurer sa pérennité. Le PDG de Felicity en tire une première conclusion : « Pour travailler dans le bonheur, travaillons chaque jour notre bonheur ».

Alors que les propos manquent cruellement de consistance voire d’intelligence, ils font sortir de l’ombre des collaborateurs nourris à un syndicalisme suranné. Ils partent à l’attaque en affirmant que la priorité au bonheur pousse à l’égoïsme et supprime toutes formes d’altruisme. Ils estiment que cela enlève la possibilité d’être malheureux par choix. Ils citent des personnages comme Nelson Mandela qui a passé 27 ans en prison pour lutter contre l’apartheid, Jésus qui a été crucifié pour sauver le monde. Pour eux, le malheur des uns peut aussi faire le bonheur des autres. D’autres opposants à l’entreprise bonheur considèrent que le malheur est souvent un pont vers le bonheur. On a conscience d’être heureux parce que l’onconnaît le malheur. Ils estiment aussi que l’homme vaut bien mieux que son bonheur.

Arthur Getz prend alors conscience qu’en érigeant en norme le fait d’être heureux au travail, il devient impossible de dire ou montrer qu’on ne l’est pas. Il réagit en parlant désormais d’entreprise respectueuse. Dans cette entreprise, on respecte la diversité des approches. Le bonheur n’est plus un mets obligatoire, mais il est en libre-service et chacun peut l’aménager à sa sauce.

[1] Dents écartés

VACHEMENT CONNECTÉS !

A VOS CLAVIERS

Le marché des objets connectés en santé explose. On dénombre aujourd’hui 15 milliards d’objets connectés (balances, montres, bracelets. On devrait en compter 50 à 70 milliards en 2030. Est-ce que cette surveillance permanente ne va pas pour autant générer une nouvelle hypocondrie ? Est-ce qu’on sera malade des stress causés par la fluctuation de nos paramètres ? Après avoir lu « Vachement connectés », imaginez une autre histoire qui raconte l’usage des outils connectés santé en 2030.

Et si demain, nous souffrions d’hypocondrie !

Phil porte en permanence une vingtaine d’objets connectés pour surveiller sa santé. Si avec cette quincaillerie les vaches sont bien gardées, l’homme est bien angoissé. Heureusement, son médecin a le remède miracle.

Avant que les vaches soient exterminées pour cause de pollution provoquée par leurs flatulences, elles donnaient du lait aux humains. Ils le mettaient dans le réfrigérateur et ils avaient toujours une grand-mère pour dire : « Le lait prend toujours le goût des aliments qui l’avoisine. » Et il y avait toujours un désœuvré qui traînait dans le coin et qui maugréait : « Les humains, c’est pareil. Ils déteignent toujours l’un sur l’autre. »

C’est le cas de Zabou et Phil. Ils ont tellement pris le goût de l’autre que parfois ils se demandent si l’autre ne manque pas de goût. C’est surtout le cas quand cet autre passe en boucle ses obsessions :
— J’ai eu mon rendez-vous avec le Docteur Muller, bafouille Phil.
— Humm, répond Zabou. Sur ce sujet a toujours le comportement de la Vache qui ne rit pas, mais qui se contente d’avoir des réponses qui peuvent se répliquer à l’infini.
— Il ne comprend pas pourquoi j’ai pris 136 g en une semaine. Pas normal. J’ai fait une moyenne de 10 126,2 pas, soit 46 de plus que la semaine précédente.
— Une simple erreur de calcul, dit Zabou. — Ce n’est pas possible. Bracelets, tatouages, sous-vêtements, casquette, oreillettes, montre, bagues, chaussures, lunettes, semelles… J’ai en permanence au moins 10 objets connectés sur moi.
— Toutes ces puces ne te démangent pas ? demande Zabou qui n’est jamais en reste d’une analogie animale.
— Madame a l’humour qui gratte ! Pour ta gouverne, j’ai aussi des pilules détectrices de cancer, de maladie d’Alzheimer, de Parkinson et des analyseurs de larmes.
— Ciel, j’ai épousé une quincaillerie ambulante !

Zabou sourit. Même si elle a parfois l’humour un peu vache, elle aime surtout voir Phil brouter son herbe et ruminer longuement. Il le prend son temps avant d’affirmer.
— J’ai failli mourir cette semaine.
— Encore ? Depuis que tu trimballes tes breloques connectées, tu meurs presque tous les jours. Raconte.

Excédé par l’insolente légèreté de sa femme, Phil ajoute un temps de rumination avant de s’aventurer dans son récit.
— Lundi, comme tous les matins, le miroir me demande de lui cracher dessus. Au lieu de me dire que je suis le plus beau, il m’annonce que j’ai une maladie nommée Trairarus. Je m’inscris sans attendre sur la plateforme d’urgence sanitaire et j’ouvre la fenêtre pour qu’un drone-ambulance vienne me chercher. Je vois alors un message s’afficher « Les miroirs connectés de la marque AlmaRecord ont été hackés. Effectuez une contre-analyse. »
— Tu as paniqué.
— Pas du tout, s’esclaffe Phil. J’ai donc été craché sur le miroir de ma mère… Il m’a dit que j’avais mauvaise haleine.
— Le miroir de ta mère réfléchit bien !
— Depuis, je suis angoissé. Je dors mal. J’ai dormi 11 minutes 23 secondes de moins que la semaine dernière, répond Phil avec le regard de la vache qui n’a plus de queue pour éloigner les mouches.
— Donc, tu as demandé à Muller de te prescrire une nanopilule qui régule le sommeil
— Comment le sais-tu ?
— Elle manque à ton attirail !

Hier, les vaches avaient deux estomacs. Un pour tout de suite, l’autre pour plus tard. Phil a adopté le même système pour son cerveau. En attendant de digérer l’information, il regarde sa femme, sourit, ouvre la bouche, la referme, l’ouvre.

— Il avait mieux. Il m’a proposé un dispositif qui vient de passer les essais cliniques.

— L’avantage, avec toutes les nouveautés que tu avales, c’est que tu pourras vendre ton corps au musée de la santé.

— Justement, cela ne s’avale pas. Et, je ne vais plus avoir besoin de tous mes bracelets, tatouages et même du miroir connecté.

— La révolution ? C’est quoi ce produit miraculeux.

— C’est un hypocondreur[1]. Cela se présente sous forme d’une grosse gélule en mousse naturelle qu’on garde dans sa poche. Quand on sent un léger malaise, on la malaxe.

— J’imagine que ta boule de mousse est remplie de nanoparticules connectées.

— Pas du tout. Elle est en mousse naturelle qui évite les ondes nocives.

— Comment suis-tu tes paramètres ?

— C’est là toute la performance de l’hypocondreur. On n’a plus besoin de les suivre. Après quelques jours d’acclimatation, on se sent beaucoup plus détendu et l’on dort mieux. Le docteur Muller m’a dit que dans 15 jours, je ne jurais plus que par l’hypocondreur.

La vache ! pense Zabou. Il est vraiment très fort le Docteur Muller. Il a toujours dans sa panse doctorale des traitements qui permettent de regarder tranquillement passer les trains du progrès.

[1] Hypocondreur est un mot de demain qui vient d’hypocondrie, anxiété obsessionnelle à propos de sa santé.

LES MÉTIERS DU FUTUR DU NUMÉRIQUE

Pour organiser des ateliers, conférences et événements sur les métiers de demain, contactez-nous.

Après la fée électricité, la fée numérique révolutionne la société en transformant toutes les activités en 0 et 1. Ce nouvel or noir ayant besoin d’être capté, stocké, traité, il crée une flopée de nouveaux métiers

Avant-hier, la fée électricité a mis un coup de baguette magique. Elle a éclairé nos nuits et a alimenté des machines. Généreuse, notre fée a libéré Madame en lui fournissant des robots, des machines à laver et des aspirateurs. Elle a cru bien faire alors que le grand gagnant était Monsieur qui profitait d’une douce lumière tamisée pour fumer sa pipe et lire son journal. Quelques années plus tard, la fée numérique est arrivée. Son coup de baguette magique est ambitieux. Il consiste à transformer toutes les activités humaines en 0 et 1. L’opération est insidieuse. Elle commence par la transformation des lettres de l’alphabet. Le a devient 01000001, le b  se lit 01000010. L’alphabet étant numérisé, on peut transformer des phrases. Scarpe Nike Italia Avec ce langage, le banal « Ça va ? » devient : « 0100001101100001001000000111011001100001001000000011111100001010 » Si l’échange entre humains avec ce langage n’est pas facile, il permet le stockage et le traitement de ces données. C’est ainsi qu’on voit apparaître les premiers traitements de textes qui nous permettent de mettre en gras nos : « Ca va ? » Après ce premier épisode, la fée numérique a fait un clin d’œil à un certain Gordon Moore, qui affirme en 1965 que : « Le nombre de transistors par circuit de même taille va doubler, à prix constants, tous les ans. » Il en déduit que la puissance des ordinateurs va croître de manière exponentielle, et ce pour des années. Comme le gaillard est président d’Intel, il s’active pour que sa prévision soit juste. Les ordinateurs devenant de plus en plus puissant, la fée numérique continue sa mission en transformant les images fixes et animées, les sons en 0 et 1 et. Comme rien ne l’arrête, elle transforme des pressions, des températures, des flux.. Le mouvement est en marche. Au fil du temps, de plus en plus d’éléments de l’activité humaine sont enregistrés et transformés en mode binaire. Avec ces transformations, la production de données à la seconde étant tellement impressionnant que essaye plus de les comptabiliser. On se contente de nommer cet océan de 0 et 1, les big data
Nouvelle ressource, nouveaux métiers La fée numérique a bien compris la mécanique ancestrale. On voit donc apparaître un florilège de nouveaux métiers dans la captation, le stockage et les traitements des données. Côté captation, des renifleurs de données s’activent à enregistrer nos activités personnelles. Datacorpistes, ils fabriquent des bracelets qui enregistrent nos pas, les emballements de nos cœurs, notre temps et qualité de sommeil, notre pression artérielle, les mots que nous échangeons… La technologie évoluant, nos vêtements, lunettes ou smartphones vont enregistrer tous nos tics, soupirs, agacements et nos plaisirs. On aura alors des émotionneurs spécialisés dans ces captations. D’autres enregistrent les activités de la ville. Voitures dans une rue, personnes assises sur un banc, pollution, bruit, quantité des déchets, SMS envoyés dans un lieu précis… Rien ne dit que demain, on n’aura pas des datacrotteurs qui téléguideront des insectes électroniques pour consigner les crottes de chien. Goedkope Nike Air Max 1 Ils pourront échanger les bonnes pratiques avec les datadronistes qui, à la campagne, utilisent des drones pour visualiser la teneur en azote des champs. Au rayon stockage, les datastockistes entretiennent des fermes de serveurs ou fabriquent des supports mobiles. Depuis quelques années, on a vu arriver les cloudistes qui enregistrent nos données dans le nuage. Leur poésie consiste à faire un lien en direct entre les informations que nous créons sur nos ordinateurs ou autres dispositifs numériques et les serveurs. Comme ces serveurs produisent de la chaleur, des datachauffistes vont utiliser cette chaleur pour chauffer des immeuble
[bctt tweet= »Demain, des algosporteurs donneront les résultats des matchs de foot avant le match. »]
Les données sont enregistrées, stockées. Il faut maintenant les rapprocher, les mélanger, leur donner du sens. Les grands rois de la cuisine de ces données sont les algorithmeurs. Ils choisissent leurs ingrédients numériques en fonction de l’objectif à atteindre. On a donc des algovendeurs dont le but pourrait être d’utiliser la science pour vendre des glaces à des Esquimaux. Ou les algosporteurs qui donnent les résultats des matchs de foot avant qu’ils se passent. On rêve qu’ils soient supra-performants, car les matchs n’auraient même plus besoin d’avoir lieu ! On continue avec les prédicticiens. Fjallraven Kanken Baratas Ces émules de Madame Irma mettent par exemple les crimes passés dans leurs casseroles afin de prévoir ceux qui vont arriver. Ces métiers ont la côte. La masse de données accumulées impressionne. La caution scientifique donne l’impression qu’on peut faire confiance aux nombres donc aux algorithmes. Dans cette logique, on peut s’attendre à ce qu’il y ait demain des algomatcheurs qui nous proposeront l’âme sœur en un clic ou nous diront quand il faut nous séparer ? Ou des algorecruteurs qui iront nous chercher au fin fond de la pampa pour nous proposer un travail en or ou nous enverrons un SMS pour nous dire que l’algorithme montre que nous ne sommes pas assez performants et que donc nous sommes licenciés. La fée numérique ayant plus d’une astuce dans cette escarcelle magique, elle a induit l’idée d’utiliser ces données pour créer des nouveaux produits. Jeux, robots, lunettes de réalité augmentée, objets connectés… Outre les professionnels pour les fabriquer, ces merveilles du rugissant numérique font émerger de nouveaux professionnels : des objetbilleurs gèrent le bavardage provoqué par les objets connectés. Ces professionnels éviteront que l’on soit harcelé par nos plantes qui réclament à boire ou par la machine à laver qui exige qu’on vienne sur-le-champ la vider. Il serait dommage que les objets parlent, parlent, parlent et que nous, pauvres humains, nous n’ayons plus le dernier mot. Des légisbotants ou spécialiste du droit des robots déterminent si on a le droit ou non de maltraiter nos robots de compagnie. Des lunabulleurs affichent des informations sur nos lunettes de réalité augmentée. adidas uk store Grâce à eux, il suffit de faire un clin d’œil pour savoir si l’éphèbe qui marche dans la rue est libre et si nous faisons vibrer son sensible.
Découvrir le livre. La presse en parle Vous voulez être partenaire de la deuxième édition, contactez Anne-Caroline
[bctt tweet= »Demain, des dépollinfoteurs supprimeront les informations virtuelles qui nous polluent l’esprit. »]
La fée numérique a tendance à en faire un peu trop en mettant du numérique à toutes les sauces. Fjällräven Kånken Ryggsäckar Résultat, il faudra aussi des numéropathes pour guérir des dommages commis par un abus de numérique, des dépollinfoteurs pour supprimer les informations virtuelles qui nous polluent l’esprit. goedkoop nike air max 2017 On aura sans doute aussi besoin de néoalgorisateurs qui nous feront prendre conscience qu’un monde dirigé par des algorithmes court à sa perte. Sous des aspects de neutralité, ils répondent principalement aux logiques économiques, de leurs concepteurs et nous enferment dans ce que l’on aime déjà. Ce conte de fées des métiers du numérique ne va pas s’arrêter là. La fée numérique va continuer à jongler avec les 0 et 1 pour proposer de nouveaux services. Ses derniers bébés sont les artificielleurs ou spécialistes de l’intelligence artificielle. Ces as conçoivent des dispositifs apprenants, c’est à dire qui évoluent en fonction des données intégrées. Si on compte beaucoup sur eux pour la révolution numérique, ils peuvent aussi nous décevoir en montrant que l’intelligence artificielle a autant de grandeur que les fleurs artificielles, en étant de la connaissance sans sagesse, poésie et sensibilité. Ils vont nous surprendre ou nous décevoir en montrant que l’intelligence artificielle a autant de grandeur que les fleurs artificielles, en étant de la connaissance sans sagesse, poésie et sensibilité.

DISCRIMINETTES

Quelques phrases identifiées comme sexistes par le discrinotron :

  • Elle est intelligente pour une fille
  • Très bon CV. Dommage qu’elle ait des enfants.
  • Tu peux nous remercier. On s’est tapé tout le boulot pendant ton congé maternité.
  • Face au client, une femme, cela ne fait pas très pro.
  • Encore une qui voudra prendre ses mercredis.
  • Si on ne peut pas faire de réunion à 18 h, quand est-ce qu’on travaille.
  • C’est quoi cette Barbie ? Elle a dû coucher.
  • T’as tes règles ou quoi ?
  • Pour ce métier, il faut en avoir.
  • Pas besoin d’augmentation. Elle a conjoint qui gagne bien.
  • Tu mets une jupe et des talons, cela fera plaisir au patron.
  • Je me demande à qui elle a couché pour en arriver là.

Les discriminettes sont des lunettes augmentées de parité et égalité professionnelle. Grâce à la rugissante technologie, elles suppriment les discriminations entre les hommes et les femmes.

Les prévisions tombent et font mal à notre sens profond de l’égalité. Le forum économique et social affirme qu’il faudrait vivre encore en apnée pendant 170 ans avant d’atteindre la parité hommes et femmes au travail. La ministre Najat Vallaud-Belkacem nous fait frissonner en constatant que le nombre de femmes qui poursuivent des études scientifiques décroit : « À ce rythme, il faudra attendre 2080 pour atteindre la parité entre chercheurs et chercheuses au CNRS et sciences dures, et 2075 pour les écoles d’ingénieures», dit-elle. Pour éviter de subir cette éternité, il faut agir au plus vite avec tous les moyens disponibles. Si on met en œuvre des quotas, des lois, la lutte contre les discriminations manque un peu d’imagination. Pourquoi pas, par exemple utiliser la technologie dans sa version intelligente et utile et l’humour pour combler le fossé entre les sexes ? Quelques saltos cérébraux plus tard, les discriminettes sortent des limbes de quelques esprits féminins bien agités. Ces lunettes augmentées de parité et égalité professionnelle vont utiliser tous les artifices de la rugissante technologie pour:

  • Supprimer les disparités de salaires entre les hommes et les femmes.
  • Égaliser les chances professionnelles.
  • Supprimer les stéréotypes et massacrer le sexisme ordinaire.
  • Améliorer la visibilité des femmes…

Pour élaborer ces discriminettes, tous ceux (femmes et hommes) qui veulent une parité professionnelle hommes et femmes sont appelés à contribuer. Ils peuvent ajouter une fonction, modifier les fonctions initiales, renommer l’objet, le dessiner, commencer à créer un prototype.

Mode d’emploi

Vous enfilez les lunettes. Une ou plusieurs fonctions sont automatiquement activées.  Les discriminettes sont autoapprenantes. Elles disposent d’algorithmes qui s’enrichissent en fonction du pathos sexiste du porteur. Si les discriminettes sont destinées en priorité aux hommes, elles peuvent aussi être portées par les femmes. Certaines comprennent alors qu’elles cautionnent un sexisme trop ordinaire. D’autres créent de nouvelles fonctions favorisant la suppression des discriminations.

1. Discrinotron

Permis à points de non-discrimination Grâce aux capteurs sémantiques, le discrinotron identifie les phrases, attitudes et décisions discriminantes. Elle calcule ce potentiel d’exclusion qui aboutit aujourd’hui à ce que 80 % des femmes considèrent être régulièrement victimes d’attitudes ou de décisions sexistes dans leur entreprise. Des points sont défalqués à l’auteur de discriminations. Quand son discrinotron est à zéro, il peut récupérer des points en vivant la vie d’une assistante mère d’enfants en bas âge !

2. Stopleboulo

Déclenchement du blocage des ordinateurs et téléphones utilisés par les collaboratrices lorsqu’elles ont travaillé pour un équivalent salaire des hommes. La différence de salaires entre les hommes et les femmes étant de 15 % selon Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union européenne, le stopleboulo intervient le 7 novembre. Si les femmes choisissent de pratiquer un stopleboulo mensuel, elles ne travaillent que deux jours, la dernière semaine du mois. Les footballeuses professionnelles étant dix fois moins payées que les footballeurs, elles arrêtent le match à la neuvième minute. Les réalisatrices étant payées 42 % de moins que leurs homologues masculins devraient arrêter la diffusion de leur film à un peu plus de la moitié.

3. COURDEFOOT

Repérage des situations où les hommes jouent un rôle central et les femmes sont spectatrices Dans la majorité des cours de récréation, l’espace central est occupé par un terrain de football où les garçons jouent. Autour de ce terrain, les filles ont un espace réduit pour regarder les garçons jouer. Dans l’entreprise, le schéma se reproduit. Les postes centraux sont occupés par des hommes : dans les 100 plus grandes sociétés européennes, les comités exécutifs sont composés à 89 % d’hommes. 24 % des femmes dirigent des entreprises dans le Monde (étude du cabinet de conseil Grant Thornton, mars 2016). 39 % des entreprises du G7 ne comptent même aucune femme au sein de leur conseil d’administration… Courdefoot déclenche des coups de sifflet signalant un arrêt de ce jeu discriminant. Ils sont assez stridents pour étourdir les hommes et leur donner envie de s’éloigner de l’espace central.

4. EQUANTIZEUR

Mesure de l’expérience et la formation d’une femme et calcule de l’équivalent du poste et du salaire pour les hommes. L’equantizeur mesure l’expérience, la formation, le talent d’une femme et indique le poste et le salaire qu’on accorderait si c’est un homme. Particulièrement utile aux recruteurs, cette fonction permet de : – Supprimer les différences de salaires. Adoptée en priorité par les managers de la Silicon Valley, elle évite que les femmes aient des salaires de 40 à 50 % inférieurs aux hommes. – Diminue les défauts d’évaluation qui viennent du fait que, contrairement aux hommes, les femmes ne mettent pas en avant leurs réalisations. Si un recruteur ne respecte pas les préconisations de l’équantizeur, sa taille diminue et il est rapidement transformé en un nain de jardin. À cause de cette métamorphose, le discriminant peut perdre confiance en lui et se retrouver dans la situation peu enviable que connaissent de nombreuses femmes.

5. Métisseur

Évaluateur des performances d’un métissage égalitaire hommes-femmes Les études scientifiques se multiplient. Les femmes sont différentes, les hommes aussi ! Ces différences se traduisent dans des manières d’aborder le travail. Si les hommes sont plus dans l’action, les femmes excellent dans l’analyse et la perception. Les hommes ont plus l’esprit de compétition, alors que les femmes effectuent plusieurs tâches en même temps. Lorsqu’elles créent une entreprise, les femmes partent souvent d’un besoin, d’un manque observé dans la vie quotidienne, alors que les hommes privilégient les performances technologiques et les opportunités des marchés. Ce métissage des différences a un impact sur la performance d’une entreprise. Les entreprises qui ne comptent aucune femme dans leur comité de direction ont une performance de 18 % inférieure et celles qui comptent plus de 35 % de femmes parmi leur encadrement. Une étude de l’OCDE montre que si la France parvenait à une égalité vraie entre hommes et femmes tant en matière de participation au marché de l’emploi et de salaire que de taux entrepreneurial, elle engrangerait 9,4 % de croissance supplémentaire sur 20 ans. Le métisseur affiche les performances qu’une entreprise pourrait faire si elle était plus égalitaire. Ce quantitatif titille le fameux esprit de compétition des hommes.

6. Stéréotypeur

Identification des stéréotypes qui empêchent les femmes d’accéder à des postes de direction ou de s’engager dans certaines professions. Les stéréotypes ont la vie dure. Près d’un tiers des managers (29 %) pensent encore qu’il existe une différence de compétences liée à la génétique.  77 % des managers affirment que le savoir-faire est typiquement masculin alors que le savoir-être est pour eux plutôt une compétence féminine. « Tu ne vas pas t’enfermer derrière un ordinateur à manger de la pizza… Les filles cela parle aux gens, pas aux machines. » Ces stéréotypes freinent l’accès des femmes aux métiers du numérique. Ils se glissent ensuite partout de manière insidieuse pour les empêcher de rester dans la branche. Par exemple dans tous les jeux vidéos, les personnages féminins ont les seins comme des obus. Et ils se vendent bien. Le livre « Pourquoi les hommes n’écoutent jamais rien et pourquoi les femmes ne savent pas lire les cartes routières ? « a fait un carton, car il conforte les stéréotypes avec une sauce pseudo-scientifique. Quand il repère un stéréotype, le stéréotypeur projette des informations positives comme : En Malaisie, il y a autant de femmes que d’hommes dans les métiers du numérique. Les métiers ont la côte parce qu’ils ne sont pas salissants et permettent d’avoir des horaires souples.

MÉTIERS DU FUTUR DE LA SANTÉ

[bctt tweet= »Demain, nous aurons des numérantins ou laborantins du numérique. »]

Vous voulez organiser des ateliers, conférences, événements sur la santé demain, contactez Anne-Caroline

Dans le domaine de la santé, comme au demeurant dans tous les domaines, la digitalisation ou transformation des activités en 0 et 1 est en train de bouleverser les pratiques. On peut donc sans se tromper affirmer que dans un avenir proche, on aura besoin de datadocs. Ayant une formation médicale et d’ingénieur, ces blouses blanches connectées utiliseront les paramètres de leurs patients pour effectuer un diagnostic. Lors de leur interrogatoire, ils disposeront de données aussi diverses que la tension artérielle, le taux de glycémie, la température corporelle, la qualité de sommeil ou le nombre de pas effectués. Leur temps d’observation ne se limitera plus au 15 minutes de consultation, mais aux jours, voire aux semaines précédentes. Ils travailleront en étroite collaboration avec des numérantins. Ces laborantins du numérique vérifieront la fiabilité des capteurs de données individuelles insérés dans des bracelets, tatouages, vêtements ou autres… Ils concevront non pas des mélanges médicamenteux, mais des applications adaptées aux diverses pathologies. Comme aujourd’hui de nombreux chercheurs travaillent à la détection précoce du cancer par des analyses de sang ou d’urines, on peut imaginer que demain les numérantins proposent des kits CAPAPP (capteurs et applications) aux personnes à risques. Boutique Nike Paris Magasin

Les émotions pouvant aussi être captées, enregistrées et numérisées, on peut envisager que des psys élaborent des traitements adaptés aux sautes d’humeur. Grâce à ces émotionneurs, on passerait de la distribution massive d’antidépresseurs et anxiolytiques à la gestion fine des dysfonctionnements émotifs.

Ces enregistrements de données individuelles vont constituer de gigantesques bases de données. Des algodocs  sélectionneront celles à intégrer dans leurs algorithmes pour faire avancer la recherche sur une maladie.

[bctt tweet= »Demain, des numéropathes traiteront les dommages commis par abus de numérique. »]

Si la santé va profiter de ces apports du numérique, ils vont aussi créer de nouvelles pathologies. Nous aurons sans doute besoin de numéropathes pour traiter les dommages commis par abus de numérique. Ils soigneront le binarisme ou la déformation qui consiste à avoir un fonctionnement binaire (ouvert/fermé, blanc/noir, ouvert/fermé) et empêche tous raisonnements aussi complexes qu’intelligents. Ils traiteront aussi la zombiquitude. Cet autisme technologiste consiste à communiquer en permanence, par écrans interposés, avec des êtres absents physiquement et d’être dans l’impossibilité d’échanger avec les individus présents. Internet ayant favorisé tant le partage des savoirs que la convergence des disciplines, les nouvelles pistes thérapeutiques sont nombreuses. Elles passent par des implants, des imprimantes 3D, des nanomédicaments, des thérapies géniques… Dans ce contexte, les implanticiens auront du travail avec la mise en place et la surveillance des implants permettant de soigner des maladies et réparer ou remplacer un organe ou une fonction endommagée. Les implanticiens devront sans doute gérer les demandes d’augmentation des capacités. Des hommes et des femmes voudront télécharger des compétences, améliorer leur mémoire et leur concentration, démultiplier leur force physique… Comme la bêtise humaine n’a pas de limite, on peut imaginer que des mannequins de pacotille demandent aux implanticiens de les amputer des deux jambes pour leur greffer des paires artificielles d’Adriana Karembeu !

Question éthique, les génothiciens ou éthiciens du génome auront aussi fort à faire vu que des chercheurs chinois commencent à modifier le génome d’embryons humains. Si ces bricolages sont effectués aujourd’hui sur des embryons non viables, rien n’interdit de penser que demain cela ne soit pas le cas. Les génothiciens devront aussi intervenir lors de dérives marchandes liées au décryptage du génome. nike air max 2016 heren Par exemple, si les assurances pénalisent ceux qui ont un génome présentant de risques de cancer ou autres maladies. Comme la perfection n’est pas de ce monde, on aura sans doute des détoxeurs qui soigneront les dégâts provoqués par la présence de métal et d’objets connectés dans le corps. Courts-circuits, piratages, infections, interférences avec les ondes… Comme nous en sommes au balbutiement de ce métalisme, on espère juste que les détoxeurs préviendront tous ces dysfonctionnements pour ne pas avoir à les guérir.

Découvrir le livre. La presse en parle Vous voulez être partenaire de la deuxième édition, contactez Anne-Caroline