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Dans le domaine de la santé, comme au demeurant dans tous les domaines, la digitalisation ou transformation des activités en 0 et 1 est en train de bouleverser les pratiques. On peut donc sans se tromper affirmer que dans un avenir proche, on aura besoin de datadocs. Ayant une formation médicale et d’ingénieur, ces blouses blanches connectées utiliseront les paramètres de leurs patients pour effectuer un diagnostic. Lors de leur interrogatoire, ils disposeront de données aussi diverses que la tension artérielle, le taux de glycémie, la température corporelle, la qualité de sommeil ou le nombre de pas effectués. Leur temps d’observation ne se limitera plus au 15 minutes de consultation, mais aux jours, voire aux semaines précédentes.

Ils travailleront en étroite collaboration avec des numérantins. Ces laborantins du numérique vérifieront la fiabilité des capteurs de données individuelles insérés dans des bracelets, tatouages, vêtements ou autres… Ils concevront non pas des mélanges médicamenteux, mais des applications adaptées aux diverses pathologies. Comme aujourd’hui de nombreux chercheurs travaillent à la détection précoce du cancer par des analyses de sang ou d’urines, on peut imaginer que demain les numérantins proposent des kits CAPAPP (capteurs et applications) aux personnes à risques.

Les émotions pouvant aussi être captées, enregistrées et numérisées, on peut envisager que des psys élaborent des traitements adaptés aux sautes d’humeur. Grâce à ces émotionneurs, on passerait de la distribution massive d’antidépresseurs et anxiolytiques à la gestion fine des dysfonctionnements émotifs.

Ces enregistrements de données individuelles vont constituer de gigantesques bases de données. Des algodocs  sélectionneront celles à intégrer dans leurs algorithmes pour faire avancer la recherche sur une maladie.

Si la santé va profiter de ces apports du numérique, ils vont aussi créer de nouvelles pathologies. Nous aurons sans doute besoin de numéropathes pour traiter les dommages commis par abus de numérique. Ils soigneront le binarisme ou la déformation qui consiste à avoir un fonctionnement binaire (ouvert/fermé, blanc/noir, ouvert/fermé) et empêche tous raisonnements aussi complexes qu’intelligents. Ils traiteront aussi la zombiquitude. Cet autisme technologiste consiste à communiquer en permanence, par écrans interposés, avec des êtres absents physiquement et d’être dans l’impossibilité d’échanger avec les individus présents.

Internet ayant favorisé tant le partage des savoirs que la convergence des disciplines, les nouvelles pistes thérapeutiques sont nombreuses. Elles passent par des implants, des imprimantes 3D, des nanomédicaments, des thérapies géniques… Dans ce contexte, les implanticiens auront du travail avec la mise en place et la surveillance des implants permettant de soigner des maladies et réparer ou remplacer un organe ou une fonction endommagée. Les implanticiens devront sans doute gérer les demandes d’augmentation des capacités. Des hommes et des femmes voudront télécharger des compétences, améliorer leur mémoire et leur concentration, démultiplier leur force physique… Comme la bêtise humaine n’a pas de limite, on peut imaginer que des mannequins de pacotille demandent aux implanticiens de les amputer des deux jambes pour leur greffer des paires artificielles d’Adriana Karembeu !

Question éthique, les génothiciens ou éthiciens du génome auront aussi fort à faire vu que des chercheurs chinois commencent à modifier le génome d’embryons humains. Si ces bricolages sont effectués aujourd’hui sur des embryons non viables, rien n’interdit de penser que demain cela ne soit pas le cas. Les génothiciens devront aussi intervenir lors de dérives marchandes liées au décryptage du génome. Par exemple, si les assurances pénalisent ceux qui ont un génome présentant de risques de cancer ou autres maladies.

Comme la perfection n’est pas de ce monde, on aura sans doute des détoxeurs qui soigneront les dégâts provoqués par la présence de métal et d’objets connectés dans le corps. Courts-circuits, piratages, infections, interférences avec les ondes… Comme nous en sommes au balbutiement de ce métalisme, on espère juste que les détoxeurs préviendront tous ces dysfonctionnements pour ne pas avoir à les guérir.

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Le cauchemar de la recherche d’organes pour transplantation pourrait bientôt n’être qu’un mauvais souvenir. De nombreuses recherches laissent espérer que demain on imprimera des organes compatibles, car créés à partir des cellules souches des patients. Il faudra donc des corcepteurs ou techniciens médicaux pour concevoir ces organes.

Des gourous annoncent que l’homme qui va vivre 1000 ans est déjà né. Si cette prophétie médiatique fait sourire, de nombreux chercheurs étudient le processus de vieillissement. Ils cherchent des moyens pour le ralentir, voire le supprimer. Dans cette logique, rien n’interdit de penser qu’on prendra demain rendez-vous chez l’immortaliseur.

Si leurs traitements sont performants, cela va contribuer à accentuer le vieillissement de la population. Selon l’Insee, en 2050, un habitant sur trois serait âgé de 60 ans ou plus, contre un sur cinq en 2005. On aura alors un grand besoin de spécialistes du bien-être du 3e âge. Des psygérontechnologues aideront les anciens à accepter et utiliser les technologies. Des jeuronthiciens concevront des dispositifs ludiques pour maintenir les capacités des anciens. Des companoboteurs personnaliseront les robots d’accompagnement et aideront leur propriétaire à les utiliser.

Dans cette ambiance du toujours plus longtemps, l’éternité ne plaira pas ou ne sera pas accessible à tout le monde. On aura alors besoin d’euthanaloges pour gérer les demandes d’euthanasies.

Si ce tour de piste des possibles métiers de demain de la santé peut paraître ludique et surréaliste, il est important de le critiquer, l’enrichir, le compléter et le faire évoluer. Ces extrapolations permettront de réfléchir à des dispositifs de formation et d’évolutions professionnelles adaptées aux transformations technologiques et sociétales.